Le basculement est progressif. Dès les années 1760, certains décors abandonnent les volutes pour des frises grecques, des cannelures, des rais de cœur. À l'avènement de Louis XVI en 1774, le mouvement est accompli. La courbe cède la place à la ligne droite, l'asymétrie à la symétrie, l'ornement libre au motif réglé.
Marie-Antoinette fait de Trianon le laboratoire d'un goût plus simple, presque rustique — une simplicité d'apparence, soigneusement composée. Jean-Henri Riesener et Georges Jacob, ébénistes du Roi, livrent des chefs-d'œuvre d'une rigueur nouvelle. Robert Adam, en Angleterre, donne au mouvement sa résonance européenne.
Caractéristiques
- Retour à la ligne droite, à la symétrie axiale
- Pieds cannelés, frises antiques, médaillons
- Ornements en grecques, rais de cœur, perles, oves
- Bois clairs cérusés, acajou, citronnier, érable moucheté
- Boiseries claires, ivoires et gris perle
- Mobilier de Riesener, Jacob, Weisweiler, Beneman
Palette
Tons doux et lumineux — vert pâle, bleu ciel, jaune paille, gris perle, ivoire. Les contrastes s'apaisent encore, les harmonies se cherchent dans la nuance.
L'esprit
Louis XVI marque le retour de la mesure. Le décor renonce au plaisir pur de la courbe pour retrouver l'autorité du droit. Habiter à la Louis XVI, c'est cultiver une élégance qui se définit par ce qu'elle refuse — l'excès, l'ostentation, le bavardage ornemental.